Bienvenue sur mon blogue personnel. Ce journal intimiste exprime un désir de dépassement et d'authenticité.
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Nous ne sommes pas notre maladie ou notre malheur. On ne doit pas s'identifier outre mesure à un problème de santé si nous agissons correctement pour tenter de trouver des solutions. Encore qu'il soit difficile lorsque la situation devient chronique, c'est encore plus vrai lorsque les bobos sortent avec l'âge. Écrire permet de ralentir ou de freiner la rumination. Ruminer, c'est répéter les mêmes choses ou ressasser des pensées sombres. C'est tourner des idées en boucle dans sa tête qui reviennent sans cesse sur un événement ou plusieurs événements. Certains de ceux-ci ne sont même plus présents, étant des empreintes d'un passé révolu. Penser ou réfléchir est un processus actif qui avance, explore un problème et cherche une solution constructive avant de passer à autre chose. Ruminer crée de l'anxiété, de la fatigue, voire même des états dépressifs. Certains ruminent par habitude, d'autres parce qu'ils ne trouvent pas d'autres solutions. J'ai toujours tenté de chercher des solutions pour occuper le temps libre dont je dispose ou bien aux multiples ruminations qui me secouent de temps à autre. Si les ruminations sont trop excessives, l'anxiété et l'épuisement se manifestent. L'instinct de survie est très fort et nous permet de trouver des solutions aux soucis. C'est lorsque les solutions s'étiolent que les maux apparaissent. Depuis que je me conscientise aux ruminations qui me traversent l'esprit, j'écris régulièrement, ce qui abaisse considérablement mon taux d'anxiété. Je n'éprouve aucune gêne à parler de ce sujet avec des gens bien intentionnés ou de confiance. Je me fis à mon ressenti, à mon intuition pour divulguer des renseignements personnels à mon sujet. On a tous intérêt à se confier. Cela fait partie du plan d'action pour ralentir la rumination. En écrivant, je transforme les ruminations en idées ou en repos en méditant qui, avec la pratique, tentent de les ralentir afin d'éviter de devenir un stupide bovidé, quoique je ne crois pas qu'ils soient aussi stupides qu'ils en ont l'air. J'ai beaucoup ruminé dans ma vie sur un tas de choses afin de donner un sens à ma vie. Écrire désormais donne un sens à mon existence. Écrire me permet d'accepter ma solitude ou mon sentiment d'isolement. Je ne tiens absolument pas d'être complaisant dans mes inconforts. Cet état des choses provient de très loin, dont il m'est très difficile de me débarrasser. Le trauma est le nom donné à cet ensemble de facteurs m'ayant causé préjudice alors trop jeune pour comprendre ce qui m'arrivait. C'est lorsqu'ils se manifestent en bas âge qu'ils sont plus difficiles à éliminer plus tard dans la vie. Combien de gens minimisent leurs états d'êtres dans le déni et l'évitement ? Toutefois, on peut vivre avec des traumas subis dans le passé en tentant de trouver des solutions qui, toutefois, ne régleront pas complètement le problème. Le mal étant fait, il faut apprendre à vivre avec les traumas. Un cercle vicieux existe dans la complexité de certains comportements. Au début, il y a un évènement ou un ensemble de facteurs plus ou moins troubles. Ensuite, la pensée s'y rattache pour alimenter des émotions qui contribuent à adopter un ou des comportements. À cet ensemble de phénomènes surviennent les distorsions cognitives et plus tard les problèmes de santé si la situation subsiste. Je connais tout ce cycle pour avoir joué dans ce numéro. Le sentiment d'impuissance et le mal de vivre sont favorisés si les préjudices ou les évènements ont lieu en bas âge. Évidemment, on ne peut changer le passé et l'avenir, personne ne peut le prédire. Se ramener au moment présent est ce qu'il nous reste. J'aime bien cette expression de me ramener. Écrire me permet de prendre du recul avec tout ça. Écrire me permet de me dissocier des émotions perçues en revisitant tout cela avec un certain recul. Bien souvent le passé survient sans même y penser. Tous vivront du stress à un moment donné au cours de leur vie. Le stress fait partie intégrante de notre existence. Certains facteurs environnants alimentent encore plus le stress. Le stress est devenu une banalité de nos jours. On est stressé pour tout et pour rien. Le stress chronique apporte un affaiblissement des neurotransmetteurs qui alimentent les hormones nécessaires à notre équilibre. Les plus importantes se nomment dopamine, sérotonine, noradrénaline et adrénaline. Ensuite il y a les hormones régulatrices du système nerveux qui sont le GABA et le cortisol. Les antidépresseurs de différentes classes permettent de régulariser toutes ces hormones dans le cerveau en servant à maintenir une bonne santé mentale et physique. Voilà qui est fait de ce léger exposé visant à démystifier certaines différentes problématiques de santé mentale. Encore aujourd'hui, ce sujet est largement tabou. Les gens qui en sont affectés éprouvent, dans une grande majorité des cas, une honte injustifiée devant ces affections. On pourrait considérer qu'il s'agirait de faire preuve de volonté pour remédier à ces troubles d'anxiété. Le stress est le premier vecteur nous indiquant qu'il y a lieu de s'inquiéter devant une situation. Si la situation ne se régularise pas, le système nerveux reçoit des signes pour corriger le tir. Si rien n'est fait, le corps et l'esprit s'effondrent en dernier recours pour nous indiquer qu'un danger persiste. De là l'importance d'écouter son corps. Lorsque les vecteurs, comme je les appelle, commencent à montrer de la fatigue et de l'usure, il devient plus difficile de se ramener aisément sans une aide extérieure. Il n'y a pas de honte à demander de l'aide. L'orgueil, la vanité et la culture contribuent à passer sous silence ces maux pour ne pas paraître faible ou diminué à nos yeux et à ceux des autres. Je me surprends de la lancée que je viens de faire sur ce sujet qui touchera une grande proportion d'humains dans leur existence. Les tristes évènements auront toujours lieu, ce qui peut changer, c'est notre attitude devant eux. Je le répète, lorsque des évènements tragiques se produisent à un jeune âge dans la famille et notre environnement proche, de lourdes séquelles peuvent subsister toute la vie. Comment se fait-il que deux membres d'une même famille ne réagissent pas pareil aux événements similaires ? Tout ce sujet est largement complexe. Dans un monde de plus en plus spécialisé et de plus en plus fragmenté, il n'est pas étonnant de constater combien de gens souffrent en silence. L'une des meilleures solutions à cette problématique qui prend de plus en plus d'ampleur consiste à la création de liens durables en tentant de développer un réseau social adapté partageant les mêmes valeurs. Il n'est pas nécessaire d'avoir tous les mêmes intérêts dans un réseau. Le besoin du mieux-vivre ensemble et de donner un sens à sa vie devrait constituer la principale alliance d'un tel réseau. On a parfois tendance à croire qu'il nous faut un tas de choses, d'activités ou d'argent pour être heureux alors qu'il ne suffit que de si peu. Comme disait le Petit Prince, l'essentiel est invisible à nos yeux. Ce que j'ai appris aux dernières années est que l'ennui et la détresse peuvent favoriser la création. À que cela ne tienne, il y aura toujours des ressources auxquelles nous ne songeons pas spontanément. Et pourtant le bonheur n'a jamais été si près.
L'acte de créer, ici par la parole, m'élève au-dessus de moi-même. La parole n'en demeure pas moins partielle, exigeant d'être complétée par une autre parole encore. Il n'y a pas de point final à un livre ou une œuvre. Je n'arrive jamais au bout du désir de m'exprimer. Une grande question métaphysique se pose ainsi : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? C'est une fausse question, car le seul fait de la poser suppose d'emblée qu'il y a quelque chose. Parfois je revois des anciens clients par hasard. La plupart étaient plus vieux que moi dans l'exercice de mes fonctions, ce qui fait d'eux des septuagénaires. Je suis surpris de voir ces vieillards dans les lieux publiques, qui à l'époque ces mêmes personnes étaient de rudes gaillards. Ainsi va la vie, rapide. Lorsque j'étais jeune, le temps traînait en longueur. Je ne peux plus dire ça aujourd'hui. À la retraite, je dois souvent provoquer les choses, car sans travail les évènements et les gens ne cognent plus à la porte. Accepter ce qui est. Chaque départ nécessite un point d'arrivée tôt ou tard. La destination importe peu, c'est le chemin qui compte. Je développe assez peu mes idées, car je ne suis spécialiste en rien. Possiblement que je me sous-estime en affirmant cela. J'ai trop tendance à me comparer à plus malin que moi. Cela me permet de faire des efforts supplémentaires pour me sortir la tête de l'eau. Je me sens toujours obligé de me questionner sur moi-même. en réalité, je me suis toujours questionné sur à peu près tout et rien. L'immobilité a été de toujours une chose difficile à maintenir jusqu'à peu de temps à peine et suite à une blessure à un pied. Certains me disent que cet incident est arrivé pour que je m'arrête. Pourquoi toujours chercher des réponses et ne pas accepter tout mystère ? Le mystère ne s'ouvre pas automatiquement sur la foi. Combien d'entre nous n'acceptent pas d'obtenir des réponses ? Ne pas obtenir de réponses rend la vie plus excitante, étonnante, n'est-ce pas ? Ceux qui ont des réponses trop faciles sont parfois vaniteux, prétentieux, mu par une volonté de puissance qui finit toujours par se retourner contre eux, nous rappelle Pierre Bertrand. Mes limites ne sont que l'envers d'apprendre et de créer. L'être humain a intérêt à connaître ses limites. Je peux aisément affirmer ceci pour les avoir dépassés largement à de multiples reprises. Lorsque mon esprit est apaisé, comme ce soir, je remercie l'univers de m'avoir donné la chance d'avoir survécu à l'adversité et à l'inconscience. Mon corps a l'âge que je possède, mais mon esprit ressemble parfois à celui d'un adolescent. J'exagère, comme toujours. Dans une certaine phase de mon développement, combien de fois je me suis senti invincible, presque éternel ? C'est le lot de la jeunesse de se sentir au-dessus de tout. Lorsque j'ai appris que je ne l'étais pas, combien de fois j'en ai fait un drame. Et si par malheur les autres s'en apercevaient, je m'infligeais d'importantes blessures s'apparentant à l'égo. Une personne avec un gros égo est une personne fragile et vulnérable. Moi, comme bien des gens, je me soucie trop de mon image. Cela met un frein à notre développement. À trop construire sa vie sur son image, le risque est de s'enfermer sur soi-même, dans un monde construit par sa raison, aveuglé par ses convictions et ses vérités. Combien d'entre nous voient la ressemblance avec l'individu concerné ? J'habite le monde que je construis et que je conçois. Et lorsqu'un monde est déjà construit, il n'y a plus de place pour la nouveauté, la création. Qui de plus nous l'imposons aux autres êtres. Ce n'est pas du plagiat que je fais en retranscrivant certains textes que je cite. C'est que j'honore ces bonnes paroles qui ne sont pas encore prêtes à sortir de ma bouche. Et puis, je me fous de ce que vous en pensez, étant complètement libre de m'exprimer à ma guise du mieux que je peux. Et pourquoi devrais-je me justifier et à qui donc ? La raison est toujours celle du plus fort. Je ne tiens pas à faire mon procès sur la place publique. En faisant un retour en arrière, je crois avoir manqué de sensibilité et d'intelligence à maints égards. Mais pour compenser ces manques occasionnels (pour me sauver la face), j'ai fait appel à d'autres qualités qui m'ont largement compensé dans celui que je suis devenu désormais. Mais celui que je suis aujourd'hui, ne sera pas le même demain. Combien de fois j'ai retourné mes forces contre moi-même ? Combien de fois me suis-je négligé pour tenter de sauver une fausse image de moi-même ? Parodie. La vie n'est que du théâtre dont nous aimerions avoir la place principale pour compenser la faible estime de soi. Mais à force de jouer le mauvais rôle, les gens désertent rapidement la salle.
Réussite matérielle, familiale, sociale, spirituelle, financière, ce sont là toutes des façons de réussir sa vie. Quand devrait-on affirmer que l'on a réussi sa vie ? À notre dernier souffle à mon avis, si l'on s'en souvient. Tout le long de sa vie, il y aura des réussites et des échecs, c'est pourquoi il est vain d'affirmer que sa vie est une réussite ou un échec. Réussir sa vie ou pas se manifeste à chaque instant. Je n'ai pas à juger ce qui est une réussite pour autrui. Réussir ma vie est de ne pas être fragmenté ou bien me sentir isolé. Il y a l'isolement réel et celui qu'on croit. Une grande partie de ma vie fut fragmentée, ce qui a eu pour conséquence un sentiment fragmenté d'échec. Malgré cela, il y a eu des succès et des réussites. Réussir sa vie est d'être intégré dans la société, dans le cosmos, dans son corps et ses valeurs. Réussir sa vie est avant tout donner un sens à sa vie. C'est là le principal gage de réussite. La vie n'est pas un concept, alors il faut aborder sa réussite autrement qu'avec les idées et le langage. Mais nous avons besoin de ces derniers pour ne pas vivre dans le néant. Réussir sa vie est surtout la ressentir dans son corps et sa tête. Réussir ma vie, c'est apprendre à identifier mes émotions et à les gérer. Réussir ma vie est d'être conscient. Réussir ma vie, c'est être aimant, aimable et être aimé. Dans un autre sens, les pensées et les idées isolent, en ce sens il faut apprendre à être seul. C'est dans les moments de grande solitude, que la création se manifeste. Encore faut-il pouvoir en sortir. Il y a une part de totalitarisme aujourd'hui par le fait qu'une masse d'individus est atomisée, donc fragmentée. Pour réussir sa vie, c'est surtout accepter ce qui est et que je puisse trouver la sérénité d’accepter ce que je ne peux changer, le courage d’agir sur ce qui est possible, et la sagesse de faire la différence entre les deux, selon les préceptes de Marc Aurèle. Réussir ma vie est de pouvoir partager, explorer et grandir. C'est ce que je tente de faire avec succès en participant à des activités communautaires et philosophiques où chacun a droit librement à la parole et à ses opinions. Lors de ces rencontres, j'y reviens toujours plus humain, plus libre et cela représente pour moi une part de réussite. Et pour l'heure, je m'apprête à réussir ma nuit.
Les étés sont chauds et humides. Je ne tolère plus les grandes chaleurs. Je ne saurais pas ce que je ferais sans un climatiseur et un ventilateur. Demain j'irai à la piscine près d'ici. La piscine est peu profonde, l'eau y est fraîche et non chauffée. Je vois une massothérapeute pour les trois prochaines semaines. Les massages japonais amma sont mes préférés. Après ces séances, je poursuivrai à raison d'une fois par mois. Lorsque j'étais plus jeune, j'y allais régulièrement. J'ai pris soudainement conscience que mon corps et mon esprit en ont largement besoin. Concernant le corps, il ne s'agit pas de le conceptualiser ou de l'analyser, mais plutôt d'être avec, de naître avec. La pensée pour s'exercer, sépare. Le lien est plutôt d'ordre affectif. La pensée peut le nommer, mais en le nommant elle le brise. Le lien se brise par la pensée et le langage, raconte Pierre Bertrand. La réalité s'éprouve dans le silence. Si le lien est rompu, le danger croît alors dans un enchevêtrement de conflits insolubles. Il ne s'agit pas de se taire, mais de faire en sorte que le silence se fasse entendre au sein de la parole. La complaisance dans la souffrance est un danger qui nous guette sans cesse. Combien de fois avons-nous entendu des gens se plaindre de tout et de rien ? Plus nous souffrons, plus diminue notre puissance d'exister. C'est le risque d'un cercle vicieux. C'est là que survient le choix existentiel. Il nous faut refuser que la souffrance soit le sens de l'existence. Depuis ce matin, j'ai décidé de réciter quelques mantras afin de changer la perspective de mes pensées. Il ne suffit que quelques instants à répéter des mots d'indulgence, d'amour et de paix à son égard pour renverser le cours de nos pensées. Les résultats se feront sentir très rapidement avec un peu d'assiduité et de patience. La vie et la réalité sont entremêlées. Ce ne sont que nos pensées et les idées qui divisent. Les concepts et les idées sont bien outrageuses, mais combien nécessaires pour le vivre-ensemble. En voulant simplifier la vie lorsque nous ne sommes pas capables de saisir l'intégrité de l'œuvre, nous nous empêtrons. Et si nous énumérons la complexité de l'œuvre, il ne restera plus beaucoup de temps pour effectuer les tâches au quotidien. Je réussis sans trop de mal à imbriquer mes lectures avec mon ressenti, mon expérience. La simplification de la vie décrite par l'homme est associée au processus de structure de la pensée et du langage. La pensée et le langage sont limités pour décrire la réalité. Cette dernière se manifeste, dis-je bien en partie, en se libérant des carcans imposés de l'extérieur. Écoute ton corps. Méfie-toi de tes pensées. Et si le modèle fort tant recherché était soi-même ? Et si j'évitais de me sous-estimer, la réalité prendrait tout à coup une toute autre allure. Et si je devenais invincible, quelle serait la part de réalité dans mon existence ? La parole, le discours ou le texte ne peuvent qu'être en retard sur la réalité et la vie. Les idées et la pensée ne sont jamais neuves. Je vais tenter de faire descendre la température, la canicule se maintenant encore en soirée.
Il est vrai que le blogue qui me sert de journal personnel représente pour moi une véritable thérapie en plus d'être un lieu de pure création. Classical Horizon Radio en streaming est mon canal de musique préféré dans Tuner Radio, une radio téléchargée sur Google Play. À lui seul, il représente tout ce que j'aime de la musique du matin au soir sans publicités. Je suis en train de mettre en œuvre mon agenda pour l'automne. J'ai décidé de faire repeindre les plafonds de mon appartement que j'habite depuis bientôt 32 ans. Mon immeuble est tranquille au cœur du quartier Montcalm, réputé pour être le plus beau de la ville. Les résidents de mon immeuble aux logements abordables ont plus de 65 ans. Je relate mon quotidien dans le blogue, mes joies, mes peines, mes soucis. C'est bien à ça que sert un journal intime. Vous devez rire lorsque je dis intime, en le rendant public aux yeux de tous. Cela me permet de sortir de la boîte, get out of the box. Et si des gens me lisent, tant mieux, et tant pis si je parle tout seul. Comme la plupart d'entre vous, bien évidemment, je n'aime pas vieillir. Voir mon corps ralentir chaque année est anxiogène. Par chance, la douce musique qui me parvient de mon téléphone porte un baume sur ma lourdeur. Au fil du temps et comme plusieurs d'entre-vous, je suis devenu addict au téléphone intelligent. Je vais initier de nouveaux projets cet automne, c'est important pour moi les projets, aussi minimes soient-ils. Ma sœur habite Sherbrooke, je lui parle au téléphone de temps en temps. Son corps commence à faiblir avec les maux de l'âge. La vie d'un homme est très courte. C'est difficile à prendre cette vérité. Il y a une voix à l'intérieur de moi qui veut toujours ressurgir. Je travaille de concert avec elle pour qu'elle s'exprime. Je suis du genre anxieux, je le suis depuis toujours. Je porte le gène de l'anxiété qui m'a été transmis en venant au monde. Plus jeune, je faisais avec, en vieillissant je reconnais son poids sur mon corps. J'aurais pu écrire des poèmes. Ce n'est plus à la mode les poèmes. Et puis j'aime moins ça la poésie. Je ne sais pas ce que serait ma vie si je n'étais pas connecté à internet. Je pose la question parfois aux usagers des transports en commun. Que feriez-vous sans internet ? Autre chose, me confient quelques petits malins qui osent me répondent. Ça prend de la force et du courage pour sortir du troupeau et prendre les chemins de traverse. C'est peut-être pour ça que je me sens souvent fatigué. C'est dur de toujours marcher contre le vent. Que veut dire réellement marginal ? Sur internet, il est dit qu'en société c'est une personne qui vit en dehors des normes habituelles par choix ou par exclusion. Il y a beaucoup d'artistes qui sont marginalisés. Une personne marginale est un individu qui vit à l'écart de la société organisée, soit par choix, par le refus des règles, soit par exclusion et son impossibilité de s'intégrer. En réalité, je connais très bien ce sujet pour avoir subi des traumas très tôt dans la vie et pour avoir eu des difficultés d'intégration sociale en bas âge en plus d'un fort sentiment d'exclusion. Mais je ne suis plus un enfant. Certains traumas subsistent très tard dans la vie lorsqu'on ne fait pas tout pour se sauver. Lorsque je dis se sauver, ce n'est certes pas déguerpir. Il y a selon moi, des événements qui sont imprégnés dans notre subconscient, malgré les années et les efforts pour s'en débarrasser. Les traumas subis ont entraîné chez moi leur lot d'anxiété et d'insécurité que je vis encore à l'âge où je suis parvenu. Je n'irai pas plus loin sur ce sujet. La vie elle-même est aussi une création. Lorsque la peur engendre la création, n'y a-t-il pas de quoi s'étonner en contemplant toutes les œuvres existantes ? Les hommes d'aujourd'hui ne sont pas aussi différents que ceux d'hier à bien y penser, à part d'avoir des pépites de plastique dans l'organisme et des écouteurs branchés dans les oreilles. Gauguin disait que les maîtres sont devenus des maîtres parce qu'ils n'ont imité personne. Ulysse même a provoqué les dieux pour avoir pris des chemins de traverse. Mais Ulysse, à la différence de moi-même, n'avait peur de rien… ou presque. Mais ce récit fait partie de la légende mythologique. Ce qui est beau dans le récit d'Ulysse, c'est toute l'oralité qui a donné naissance à celui qui nous est parvenu aujourd'hui. Les contemporains ont plutôt la mémoire courte et ça ne va pas en s'améliorant. Le défi de la création est de transformer le mauvais en bon. Le bon et le mauvais sont entremêlés, de même que notre esprit pour le moins intranquille. C'est ce que l'on appelle l'humanité. Pour éviter que la tristesse provoque une diminution du pouvoir de vivre, il faut une mutation, un saut sur place, un voyage immobile, quelque chose qui est de l'ordre d'une décision existentielle, ontologique, quelque chose qui fera de nous un vainqueur et non un vaincu. Il y aura toujours des pas en avant et des pas en arrière. L'important c'est de toujours avancer, même dans le voyage immobile. J'ai déjà amorcé ce voyage que je n'aurais jamais cru entreprendre. Dans chaque voyage, il faut avoir avec soi un tas de choses. Dans le voyage immobile, c'est tout le contraire, qui est de se dénudé le plus possible. Comment donner une orientation à sa vie lorsque nous ne savons pas ce que demain sera fait ? La volonté est pourtant si faible que je ne peux pas entièrement me fier à elle. Pierre Bertrand dit que la décision de toute vie dépend du corps-esprit, de sa sensibilité et de son intelligence conjuguées. Je ne dois pas voir les moments repliés sur moi-même comme une faiblesse, comme une tristesse. Suis-je vivant pour me donner aux autres ou à moi-même ? Mes affects sont-ils en train de me nuire ou bien de créer ? Bien entendu, la souffrance fait partie de la vie. La possibilité de créer permet, somme toute, de faire face à la souffrance et de la transformer. Rien n'est garanti, car le mouvement est sans fin et ne prend fin qu'à la mort.
Les idées sont au philosophe ce que les couleurs sont au peintre, les sons au musicien. Le chemin de vie n'est pas un long fleuve tranquille. Il est sinueux, escarpé, cahoteux. Les paysages ne sont pas toujours beaux ou sublimes, ils peuvent être parfois terribles. Tout est une question d'attitude en abordant les émotions qui me traversent. La résilience se manifeste en transformant la souffrance en bonheur. Plus je descends, et plus je remonte. La souffrance me met à l'épreuve. C'est en acceptant ce qui est que la force intérieure se déploie. Cela ne veut pas dire être passif. Il est rare que nous soyons réellement passif, à part quelques exceptions. Combien de fois j'ai failli mourir de tristesse, alors que dans cet état je suis en train d'aller chercher de nouveaux alliés. Nous ne voyons qu'une partie de la réalité qui est celle en partie de la recherche du plaisir. Si je cherche à fuir la souffrance, elle me suivra au talon. De toute manière, la souffrance est inévitable. C'est la souffrance qui me pousse à me transformer. Pierre Bertrand dit que, peu importe l'âpreté du combat, la vie exige que la joie triomphe. Il ne s'agit pas de vivre dans un vase clos, de me couper du monde, mais de ne pas m'exposer témérairement ou négligemment à ce qui a systématiquement pour effet ma puissance d'exister. À cela, je dirais qu'il serait inutile et vain de trop vouloir m'exposer de façon exponentielle, comme je l'ai fait et le fais encore trop. Le problème, c'est quand je cesse d'avancer et d'apprendre dans mon chemin. Toujours il y aura des bifurcations et des doutes aux carrefours. En enfourchant le mouvement de création, comme je l'ai toujours fait d'ailleurs et ce, malgré les eaux qui souvent m'apparaissaient stagnantes. J'ai perdu d'ailleurs plusieurs identités pour les perdre au profit du mouvement. Encore faut-il savoir s'arrêter. Le chemin est le cheminement, parce qu'il n'y a pas de destination ou de but. J'ai besoin, en tout temps, de ces idées, de ces mots mis côte à côte ensemble, comme j'ai besoin de l'eau pour m'abreuver à la vie. C'est de cette façon, en toute intimité avec moi-même, que je trouve certaines réponses qui bien souvent m'échappent. J'ai besoin d'idées pour avancer, comme le menuisier a besoin de ses outils pour travailler. Encore je dois savoir reconnaitre le moment pour me reposer des ruminations stériles virevoltantes à pleine vitesse. Je dois savoir transformer la peur en saines réflexions. J'ai le mauvais réflexe, j'en conviens, de cliver mes pensées entre le bien et le mal. Cette mauvaise habitude me prive de la réalité. La création a pour but de dissoudre mes fausses identités et tout ce qui est figé, tout ce qui est défini dans ma difficulté de me transformer. Je me suis tant identifié à l'extérieur que j'ai oublié le monde intérieur qui n'habite et qui ne demande à être exploré. Le monde est tout sauf figé. La peur a fait de moi un animal figé dans son corps et dans sa tête. Aujourd'hui, j'ai visionné une magnifique aventure écrite il y a plusieurs millénaires par Homère, le poète. Ce premier grand et magnifique récit m'est parvenu dans un éblouissement formidable. Bien entendu la mise en scène y est pour quelque chose. Je me connais le plus en m'arrêtant et en m'extériorisant. Je plonge en moi-même dans la création et l'affirmation de mon être véritable. La seule chose que je sais réellement sur moi est que je suis vivant. Cela devrait suffire à prendre la place qui me revient. Je ne suis pas différent de la nature, du cosmos, de l'univers. Diffère seulement l'échelle du temps, l'être humain devant accélérer le mouvement de création compte tenu du peu de temps qui lui est alloué. Ces propos tirés du livre, nous sommes vie, nous sommes mouvement. de Pierre Bertrand m'apporte un énorme réconfort de pouvoir m'approcher d'aussi près de la réalité. Je ne suis pas encore prêt pour écrire de telles révélations sans aucuns compagnons de route, tels que me parviennent ceux qui possèdent toutes ces belles et grandes idées à ma portée.











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