Effervescence

Bienvenue sur mon blogue personnel. Ce journal intimiste exprime un désir de dépassement et d'authenticité. 

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Polarsteps




7 octobre |

Partout, la publicité exhibe l'image souriante du bonheur. Quelle incapacité, quelle incompétence ou quelle tare explique donc notre isolement, notre exclusion du paradis ? Il est compréhensible de ne pas supporter d'être heureux. Même les discours les plus hargneux se parent de bonheur. Heureux, qui ne veut pas l'être ? Le sens aujourd'hui ne se trouve-t-il pas essentiellement dans l'acte même de vivre, de percevoir, d'éprouver, d'agir, de penser ? Avons-nous encore besoin d'une raison ? Nous éprouvons que partiellement la tranquillité, car nous sommes partie prenante du monde, et participons nécessairement de son agitation et de ses conflits. Être malheureux peut être un signe de sensibilité et d'intelligence en raison des souffrances environnantes. À l'inverse, être heureux dans des situations médiocres, voire affreuses, peut être le signe d'un manque de sensibilité et d'intelligence, raconte Pierre Bertrand dans la lumière monte de l'obscurité. Paul, mon mentor de la pleine conscience, me fait réaliser à quel point mes perceptions sont souvent erronées en lien avec moi-même. Le plus grand de ma colère se verse sur moi-même dans les mots. Mon apprentissage en ce qui a trait aux émotions et aux pensées m'a fait défaut. Or, je me reprends pour vivre dans l'instant présent dans un esprit plus lucide, plus réel. Ce n'est pas seulement un vœu, mais une pratique. La perfection ne peut naître que dans la vie qui s'exprime à l'instant présent, recherchant son fragile équilibre. La tranquillité est la condition pour nous ouvrir à ce qui est. D'instinct je recherche la tranquillité, d'autant plus en vieillissant. Être témoin ne signifie pas être en dehors, mais au contraire être intensément présent du dedans. Cette présence est rendue possible par un certain calme, vide ou silence. Je suis l'humble témoin engagé ou impliqué par toutes les fibres de mon corps-esprit. Si l'un d'eux se dissocie de l'autre, la réalité et le sens m'échappent. Nous sommes un tout, qui fragmenté ne pouvons être présent qualitativement. D'où émerge le big-bang, si celui-ci est le commencement ? Comment quelque chose peut-il provenir de rien ? Nous ne sentons pas le mouvement, car nous sommes dedans. Ma pensée perçoit mal le changement, car elle a tendance à se figer dans l'idée paradoxale de stabilité, de sécurité. La pensée conserve les noms, par exemple le fleuve Saint Laurent. Le nom ne change pas, mais le fleuve à chaque instant. L'idée du fleuve est figée alors que le fleuve ne l'est pas. La réalité est tout autre. Les idées et les concepts n'étreignent qu'eux-mêmes et non la réalité de ce qui est. Les noms et les idées se fixent dans le temps, alors que nous ne nous baignons jamais dans le même fleuve. La position du spectateur et de la pensée est de se croire au-dessus de la mêlée. C'est une position relativement confortable. Observer mes pensées automatiques pour m'en dissocier est pas facile, lorsque je pense à toutes ces années à les ancrer dans mon esprit par dépit et dans un faux sentiment de sécurité et d'identification. Paul m'a appris comment me dissocier d'émotions vives. Il s'agit d'agir avec ses sens pour quitter les pensées qui agitent les émotions. Je n'y avais pas pensé ou peut-être bien instinctivement. J'ai appris ces derniers mois que le choix des mots exprimés est primordial pour ne pas s'identifier à eux à tort et surtout s'ils ne sont pas précis ou s'ils ne représentent pas la réalité. On devient de ce que l'on pense et ce que l'on dit. Où la pensée va, l'énergie va. Depuis, j'ai moins l'impression de divaguer dans la confusion. Il me reste du chemin à parcourir. Je suis le chemin, car je suis vivant.


6 octobre |

Pierre Bertrand raconte ce que je suis en train de penser ces temps-ci à propos de la souffrance. Les affects de la tristesse font partie de nous à l'égal des affects de joie, ils doivent d'abord se manifester pour ensuite disparaitre. Il nous arrive à tous à certains moments de croire que le ciel restera noir, et puis soudainement, le ciel s'éclaircit. En résistant aux affects de tristesse, nous les durcissons et les refoulant. Seule la vision pénétrante de ce qu'ils sont, vision se faisant par au-delà de l'analyse, peut conduire ces affects de tristesse au bout d'eux-mêmes, épuiser leur énergie et les faire disparaitre. Les choses doivent éclore, croître pour ensuite se flétrir et mourir. N'est-ce pas là l'histoire de tout ce qui est vivant ? Je suis fait d'opposés, bon ou mauvais, joie et tristesse, montée et descente. Ce que j'ai voulu projeter hors de moi pour me protéger, je le porte en moi. J'ai eu un début de semaine pénible à régler et réparer un tas de choses. Ça me paraît pire et bien plus fatigant en vieillissant tous ces petits combats au quotidien. Les combats se termineront lorsqu'il n'y aura plus de combattants. En attendant, je ne dois pas trop m'assoupir, me résigner ou me retirer en évitant mes devoirs et les défis qui leur sont associés. La vie est un combat de chaque instant. Méfiez-vous de votre besoin de réponses et posez davantage de questions, même si certaines d'entre elles vous semblent saugrenues. La force des questions est plus grande que celle des réponses, ouvrant l'esprit sans le refermer avec des réponses trop faciles et inutiles dans bien des cas. Les questions pour l'esprit ont leurs limites. Il est bien qu'il sorte du connu, de l'explicable, des croyances et du familier. La question philosophique du pourquoi se heurte au comment de la science. Pourquoi il y a quelque chose au lieu de rien ? La question s'ouvre sur l'inconnu alors que la réponse se fonde sur la certitude d'une croyance, d'une idéologie ou d'un concept. En ce sens, la question est ouverte et la réponse son contraire. Celui qui a peur préfère les réponses qui le rassurent. Celui qui pose des questions s'ouvre à l'inconnu. Avez-vous déjà remarqué à quel point il y a de réponses chez les soi-disant experts de tout acabit ? Et Ils sont nombreux ces experts. Ils sont payés pour vous rassurer et trouver des réponses à toutes vos questions. Je me méfie de ceux qui ont des certitudes et pas de doutes. Avez-vous déjà remarqué que la plupart des politiciens ont davantage de réponses à offrir que de questions, sauf à leur adversaire afin de tenter de les déstabiliser ? Je suis las de toutes ces querelles, mais c'est ainsi que s'exprime la démocratie malheureusement dans notre système. La politique est un mal nécessaire afin qu'un reflet de la démocratie s'exprime. Heureusement qu'il n'y a pas seulement la politique pour m'animer, car je serais fort triste que d'entendre seulement ces experts se projeter sans cesse dans un avenir rempli de promesses incertaines.


3 octobre |

Quelles que soient la valeur et la grandeur des traditions, elles ne sont jamais suffisantes, car la vie se déroule au présent. Les multiples traditions valent notamment comme matériaux pour la création du nouveau, affirme Pierre Bertrand. La vie comme l'amour sont indéfinissables. Il est impossible de les comprendre réellement par le mental. Nous touchons ici à un mouvement qui échappe à la parole. Les taoïstes disent que la liberté n'est pas de faire ceci ou cela, mais, plus fondamentalement, celle de ne pas faire, de ne pas agir. On fait toujours quelque chose, même lorsqu'on croit ne rien faire. Il n'y a pas de vie dans une œuvre d'art, car elle est achevée et que la vie ne l'est pas. Seule l'émotion demeure devant elle. Or, l'émotion n'est pas un organisme vivant, mais provient d'une manifestation du vivant. À la différence d'une œuvre d'art, la vie n'est pas un objet et, par ce fait même, elle ne peut pas être identifiée. Je sais que je ne sais pas, disait Socrate. Le non-savoir et le non-croire créent un vide permettant la vision et la réflexion. L'être humain pense que sa grandeur réside dans l'étendue de son savoir, alors qu'elle réside dans la profondeur de ses questions. Il y a urgence de rompre la chaîne des causes et des effets pour que naisse quelque chose de neuf, capable de faire bifurquer le cours des choses. C'est du non-agir qu'émerge l'action sensible et intelligente. Ma journée fut triste aujourd'hui en ayant reculé avec mon véhicule dans un arbre, escamotant la porte arrière et une partie du coffre. Les émotions ont été vives jusqu'au moment de lire un brin et en me rappelant que tout passe. Déjà des mesures ont été prises pour corriger la situation, espérant de ne pas voir grimper ma prime d'assurance au prochain renouvellement. Aurais-je appris quelque chose de ce fâcheux incident ?


2 octobre |

De quoi sommes-nous capables ? Le sens n'est ni du côté du passé ni de l'avenir. Il n'est jamais à côté de la nostalgie, ni de l'attente, ni de l'espoir. Le sens est ici et maintenant. C'est à chaque instant que nous éprouvons que notre vie a du sens ou pas. Les humains sont les seuls à poser la question du sens, les autres vivants se contentant d'être. Une pensée vivante désigne une démarche intellectuelle active, créatrice et enracinée dans l'expérience du réel, par opposition aux idées figées, dogmatiques ou purement abstraites. C'est semblable pour la culture. Une pensée n’a pas de vie biologique, mais elle peut être morte au sens figuré. Une culture peut mourir ou disparaître, que ce soit par l'extinction des populations qui la portent, par l'assimilation forcée ou volontaire dans une autre culture, ou par la perte de transmission de sa langue, de ses traditions et de ses savoirs. Ceci est le fruit de mes recherches. Il y a plusieurs jours que je me posais la question à savoir si une pensée pouvait mourir. Je pars dormir dans l'heure qui vient un peu moins ignorant. Rendez-vous corneille. Jamais trop tôt ou trop tard. Demain, je danse.